Peau et cheveux

Pellicules ou cuir chevelu sec : les repères avant de choisir un shampoing

Homme les yeux fermés qui masse un shampoing sur son cuir chevelu sous une douche lumineuse.

L'essentiel

Les pellicules touchent une personne sur deux et ne sont pas un manque d'hygiène. Des squames fines et blanches sur un cuir chevelu sec se calment avec un shampoing doux ; des squames plus épaisses, jaunâtres et grasses relèvent d'un shampoing antipelliculaire (piroctone olamine, sulfure de sélénium, acide salicylique), utilisé selon sa notice puis en entretien. Des plaques épaisses bien délimitées, un suintement ou une chute de cheveux en plaques justifient une consultation.

Dans cet article

Imaginons une scène familière : le pull bleu marine choisi ce matin. En pleine réunion, Karim sent le regard d'une collègue glisser vers son épaule : de petits flocons blancs. Le soir même, il achète un shampoing « spécial cuir chevelu sec », bien nourrissant, aux huiles. Trois semaines plus tard, ça gratte davantage et les flocons sont toujours là.

Choisir d'après la seule présence de flocons ne suffit pas. Un cuir chevelu sec et des pellicules grasses se ressemblent de loin, mais ne se soignent pas de la même façon. Et dans le second cas, « nourrir » le cuir chevelu avec des huiles peut même entretenir le problème.

Voir le produit présenté et son utilisation

Pellicules sèches ou grasses : comment les reconnaître ?

Les pellicules touchent une personne sur deux en France. Ce sont de petits amas de cellules mortes qui se détachent du cuir chevelu. Normalement, la peau se renouvelle en un mois environ et les cellules tombent une à une, de façon invisible ; quand ce cycle s'accélère, elles arrivent en surface par paquets, et on les voit.

Les dermatologues distinguent deux grands types :

  • Les pellicules sèches, celles du « cuir chevelu sec » : fines squames blanches, légères, qui tombent comme une poussière sur un cuir chevelu sans rougeur. Elles apparaissent souvent en hiver, dans un air sec, ou avec des shampoings trop décapants.
  • Les pellicules grasses : squames plus épaisses, jaunâtres, sur un cuir chevelu gras, souvent avec rougeurs ou démangeaisons. Elles correspondent en général à une dermite séborrhéique du cuir chevelu, qui peut aussi toucher les sourcils et les ailes du nez.
CritèrePellicules sèchesPellicules grasses (dermite séborrhéique)Psoriasis du cuir chevelu
SquamesFines, blanches, poudreuses, peu adhérentesPlus épaisses, jaunâtresÉpaisses, blanc argenté, en plaques
Peau dessousSans rougeurSouvent rouge, démangeaisonsPlaques bien délimitées
Ailleurs—Sourcils, ailes du nez, sillons autour de la boucheSouvent d'autres plaques sur le corps
Ce qui aideShampoing doux, moins d'agressionsShampoing antipelliculaireAvis médical

Ce tableau aide à s'orienter, sans permettre de trancher seul : seul l'examen du cuir chevelu par un médecin fait le diagnostic.

Pourquoi les pellicules grasses reviennent

Le champignon Malassezia vit normalement sur la peau. Il se plaît dans les zones riches en sébum : en se nourrissant de ses graisses, il produit des substances qui irritent le cuir chevelu et entretiennent l'inflammation. Le stress, la fatigue, le climat ou le manque de soleil peuvent déclencher une poussée.

C'est pour cela qu'un shampoing antipelliculaire contrôle les pellicules sans les faire disparaître pour toujours : les traitements sont dits suspensifs. À l'arrêt, elles reviennent souvent. Ce n'est pas un échec, c'est le fonctionnement normal de ce problème, qui se gère avec un entretien.

Shampoing antipelliculaire : les actifs à rechercher

Les shampoings antipelliculaires vendus sans ordonnance contiennent des actifs dont l'efficacité est démontrée. Ils freinent le champignon, ralentissent le renouvellement trop rapide des cellules ou aident à décoller les squames :

  • piroctone olamine ;
  • sulfure (ou disulfure) de sélénium ;
  • acide salicylique, qui décolle les squames, souvent associé à un autre actif.

Certains de ces shampoings sont déconseillés pendant la grossesse ou l'allaitement, ou sur certains types de cheveux : votre pharmacien peut vous aider à choisir.

Deux points pour la France :

  • La pyrithione de zinc, longtemps l'actif antipelliculaire le plus courant, est interdite dans les cosmétiques de l'Union européenne depuis le 1er mars 2022, parce qu'elle est classée toxique pour la reproduction. Si ce nom apparaît encore sur un flacon, il s'agit d'un ancien stock ou d'un produit qui n'est pas conforme au marché européen.
  • Le kétoconazole à 2 % est un shampoing médicament que le médecin peut prescrire quand les pellicules sont abondantes ou que la dermite séborrhéique est avérée.

Comment utiliser un shampoing antipelliculaire

C'est souvent ici que tout se joue : un bon shampoing mal utilisé marche mal.

  1. Mouillez les cheveux et appliquez le shampoing sur le cuir chevelu, pas seulement sur les longueurs.
  2. Massez du bout des doigts, sans frotter fort ni gratter avec les ongles.
  3. Respectez le temps de pose de la notice. Il varie d'un produit à l'autre : c'est la notice de votre flacon qui compte.
  4. Rincez abondamment, à l'eau tiède plutôt que très chaude.
  5. Attaque, puis entretien. En général, 2 à 3 fois par semaine pendant 2 à 4 semaines, en alternant avec un shampoing doux, puis une fois par semaine ou tous les quinze jours.
  6. Séchez à la serviette plutôt qu'au sèche-cheveux chaud, et évitez laques, gels et sprays pendant une poussée.

Si vos longueurs sont sèches, mettez l'après-shampoing sur les longueurs uniquement, pas sur le cuir chevelu.

Un shampoing pour les pellicules grasses

En pratique : la marque indique une pose de deux minutes, trois fois par semaine pendant un mois, puis une fois par semaine en entretien. Les indications du flacon acheté restent prioritaires. Pour des pellicules sèches, fines et sans rougeur, un shampoing doux suffit souvent.

Les erreurs qui entretiennent les pellicules

  • Les huiles et produits coiffants huileux sur le cuir chevelu. Ils créent un milieu fermé qui favorise la dermite séborrhéique.
  • Les produits irritants pendant une poussée : shampoings trop décapants, colorations à l'ammoniaque, lotions irritantes, parfums forts, eau très chaude.
  • Gratter : on irrite la peau et on entretient l'inflammation.
  • Changer de shampoing à chaque lavage : laissez à la formule le temps prévu par la notice, sauf irritation ou aggravation, qui justifient de l'arrêter.

Questions fréquentes

Les pellicules sont-elles un signe de manque d'hygiène ?

Non. Elles viennent d'un renouvellement trop rapide des cellules du cuir chevelu, favorisé par une levure normale de la peau et par le sébum. Un shampoing adapté, bien utilisé, aide ; ce n'est pas une question de propreté.

Faut-il utiliser un shampoing antipelliculaire tous les jours ?

Ce n'est pas nécessaire. En général, deux à trois fois par semaine au début, en laissant poser, puis une fois par semaine ou tous les quinze jours. Les autres jours, un shampoing doux convient.

Le vinaigre de cidre ou l'huile de coco marchent-ils ?

Ils ne font pas partie des actifs dont l'efficacité est démontrée contre les pellicules. Les huiles appliquées sur le cuir chevelu peuvent même favoriser la dermite séborrhéique.

Les pellicules font-elles tomber les cheveux ?

Des pellicules simples ne font pas tomber les cheveux. Une perte de cheveux par plaques, elle, justifie un avis médical : elle peut avoir une autre cause, comme une teigne.

Les pellicules peuvent-elles disparaître définitivement ?

Rarement : les traitements contrôlent les pellicules sans supprimer leur cause, et certains facteurs, comme le stress, échappent au traitement. L'objectif est un cuir chevelu équilibré, avec un entretien régulier.

En résumé

Des flocons fins et blancs sur un cuir chevelu sans rougeur se calment avec un shampoing doux et moins d'agressions. Des squames plus épaisses et grasses, souvent avec démangeaisons, relèvent d'un shampoing antipelliculaire (piroctone olamine, sulfure de sélénium, acide salicylique), utilisé selon sa notice puis en entretien. Évitez les huiles sur le cuir chevelu. Des plaques épaisses, un suintement, une chute de cheveux en plaques ou l'absence d'amélioration après un mois justifient une consultation.

Pour aller plus loin : Peau sèche, eczéma ou psoriasis : comment faire la différence ?.

Sources

Information générale : cet article ne remplace pas une consultation ni un avis médical personnalisé.

Frédéric P.

Rédacteur spécialisé en santé naturelle et bien-être. Naturopathe, ses articles s'appuient sur des sources scientifiques et institutionnelles ainsi que sur son expérience de la phytothérapie et de la nutrition.